Jorge Semprún

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semprunJorge Semprún à l'honneur

 

Après l'inauguration de la perspective Semprún et une rencontre autour son œuvre, les bibliothécaires vous proposent une présentation critique de son œuvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Une vie défaite »



Confidences posthumes avec l’écrivain Jorge Semprún.
Un matin de janvier au cimetière de Garentreville  en Seine-et-Marne où il repose

"D'une classe vaincue je suis le fils. J'ai connu le goutte à goutte de l'amertume profonde.
Je suis revenu de nulle part, là où beaucoup d'autres ne reviendront jamais.

J'ai fait "Un grand voyage" avec pour seul bagage "L'écriture ou la vie" car "Se taire est impossible".

Pour celui qui a connu  "l'exil " –  jamais d'oubli !

Entre "Deux mémoires" je préfère l'autre, parfois "Le temps du silence", ce "Je t'aime je t'aime".

Et si "C'était ça la vie ?" Avant "L'aveu", avant la peine et les plaines barbares et cette "Mort qu'il faut",
qui viendra un jour forcément comme" Une tombe aux creux des nuages".

Je sais, qu'en mai, renaîtra la fleur nouvelle, par "Un beau dimanche",
"Une femme à sa fenêtre" annoncera le printemps.

Heureusement qu'il y a encore des hommes et des femmes pour raconter l’inimaginable.
Mais sachez que je n'aurai pas aimé être le dernier survivant.

Je vous passe le témoin."


Richard Taillefer, Maire-adjoint, délégué à l'Action culturelle

 

 

Sélection


 

adieu_vive_clarteAdieu, vive clarté.– Éditions Gallimard
« Ce livre est le récit de la découverte de l’adolescence et de l’exil » : Jorge Semprún a 16 ans lorsqu’il vient étudier à Paris où il décide, après voir été moqué pour son « accent déplorable », de s’approprier la langue française sans oublier pour autant qu’il est un « rouge espagnol ».
Ce livre attachant retrace les années d’apprentissage de Jorge Semprún, marquées par la disparition précoce de sa mère, la découverte de l’exil et de la révolte mais aussi par des bonheurs simples faits de rencontres et de lectures décisives.
Monique

 

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Autobiographie de Federico Sanchez.– Éditions Seuil
Federico Sanchez est l’un des pseudonymes utilisés par Jorge Semprún alors qu’il était militant politique en Espagne durant les années franquistes. Il évoque dans ces mémoires tout son parcours de dirigeant clandestin puis son exclusion du parti communiste espagnol…
Dans cet ouvrage de réflexion politique, l’auteur s’interroge avec beaucoup d’honnêteté et d’exigence sur son « adhésion quasi-religieuse »  aux idéaux du parti communiste espagnol.
Monique

 

 

L’écriture ou la vie.– Éditions Gallimardecriture_ou_la_vie
« On peut toujours tout dire, le langage contient tout » nous dit Jorge Semprún. Mais comment raconter, après avoir été déporté à Buchenwald, « la fumée du crématoire, l'odeur de chair brûlée sur l'Ettersberg, les appels sous la neige, les corvées meurtrières, l'épuisement de la vie, l'espoir inépuisable, la sauvagerie de l'animal humain, la grandeur de l'homme, la nudité fraternelle et dévastée du regard des copains. »
Cet ouvrage essentiel dans l’œuvre de l’auteur va bien au-delà du témoignage sur les camps. A l’égal de Hannah Arendt, Jorge Semprún nous livre ici une  interrogation éthique et philosophique sur la notion kantienne de « mal radical », cette « ténèbre qui est échue à l’homme en partage, de toute éternité. »
Monique


 

evanouissementL’évanouissement.– Éditions Gallimard (Blanche)

Manuel, le héros du Grand Voyage rentre de déportation. Alors qu’il se trouve dans le train le ramenant chez lui, il tombe évanoui de la plate-forme. Blessé et quasi-amnésique, il est conduit à la clinique ou il va devoir subir une opération afin de réparer son oreille déchirée. Lorsqu’il se réveille de l’intervention, Manuel ne parvient pas à reconstituer son passé. Seule une image subsiste : de la neige et du lilas.
Roman de l’évanouissement de l’existence, ce texte pose la question de la trace laissée par une vie. Comment se retrouver soi-même, perdu dans une bousculade de souvenirs et d’émotions qu’une mémoire intermittente ne permet pas d’identifier ?     

Katell

 


grand_voyageLe grand voyage.– Éditions Gallimard
Ce grand voyage est celui que fait le narrateur, avec 120 autres déportés, « entassés morts debout » dans un wagon qui les mène au Lager de Buchenwald. Durant 4 jours et 4 nuits, passé et présent s’entremêlent, dans un va et vient de la mémoire où affluent et refluent, tels un ressac, les souvenirs…
Alors que beaucoup de témoignages sur les camps de concentration nous immergent dans une réalité effroyable, Jorge  Semprún, tout en n’esquivant pas ce que fut l’expérience de ce « mal absolu », nous extrait à tout moment de ce wagon pour nous ramener, en quelque sorte,  à tout ce qui constitue notre humanité : la culture et la pensée philosophique, la contemplation des paysages traversés qui appellent des souvenirs d’homme libre, la fraternité d’une conversation avec un compagnon de « voyage ».
Monique

 


mort_qu_il_fautLe mort qu’il faut.– Éditions Gallimard
En décembre 1944, à Buchenwald, une lettre inquiétante de Berlin, demandant des renseignements sur le déporté Jorge Semprún, pousse celui-ci et ses camarades à élaborer un plan : Jorge prendra dans la nuit l’identité d’un déporté mourant. Il leur faut à tout prix trouver « le mort qu’il faut », celui dont il sera le double.
Un roman humaniste et émouvant sur l’horreur concentrationnaire et sur le devoir de mémoire.
Grégory
Dans ce récit du quotidien à Buchenwald, Jorge Semprún nous donne à lire, par l’évocation de souvenirs obsédants, un témoignage bouleversant sur la déportation.                                                                                                                     

Katell

 


quel_beau_dimancheQuel beau dimanche.– Éditions Grasset
Après avoir lu Une journée d’lvan Denissovitch de Soljenitsyne, Jorge Semprún éprouve « la nécessité d’évoquer la vie des camps sous un éclairage différent ». Quel beau dimanche, que Semprún tient pour son livre "essentiel", est une « vertigineuse recherche d'identité. Ici, l'ancien dirigeant du Parti communiste espagnol clandestin, en homme presque suspect à lui-même, cherche à dire, à comprendre quelle fut son histoire dans l'histoire du siècle ».
Jorge Semprún se livre, ici, à un questionnement aigu sur son engagement politique et sur sa condition de « double rescapé du nazisme et du stalinisme ». Un livre exigeant ou s’exprime, avec lucidité, la perte des illusions politiques.
Monique
 


se_taire_est_impossibleSe taire est impossible : entretiens avec Élie Wiesel .– Éditions Mille et une nuits
Élie Wiesel et Jorge Semprún se sont rencontrés une première fois en 1945 à Buchenwald. Ils se retrouvent en 1995 pour un échange sur leur expérience de la déportation. Une discussion pleine d’interrogations, notamment sur le mal ou la transmission de la Mémoire aux jeunes générations.
Courte mais dense, une réflexion à deux voix, accessible, sur l’expérience concentrationnaire des deux hommes, et sur ses conséquences.
Grégory

 
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Une tombe au creux des nuages : Essais sur l’Europe d’hier et d’aujourd’hui.– Éditions Climats
« Tous les textes rassemblés dans ce recueil à une exception près », sont issus « de conférences prononcées en Allemagne, à l’occasion de différentes commémorations, de divers séminaires ou colloques universitaires. »
Jorge Semprún évoque ici des thèmes qui lui sont chers : fascisme et stalinisme, le mal et la barbarie, la mémoire mais aussi son « vivant amour pour la culture allemande » qui lui « a fourni les arguments décisifs de la lutte contre le nazisme ».

Monique

 

 

 

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